Nul doute que le croyant véritable n’abhorre Renan quand bien même il n’aurait jamais lu son livre emblématique et source de toutes les tensions : Vie de Jésus (1863). C’est compréhensible au XIXe siècle, époque à laquelle la séparation de l’Église et de l’État (1905) n’est pas encore intervenu. Et d’autant plus malvenu que l’Église domine par ses sémi- naires l’enseignement et rythme la vie publique. Les braises de la Révolution n’ont pas toutes refroidies. Notamment en Bretagne, à Tréguier, où Renan vit le jour en 1823. Promis à une belle vie de séminariste, il prit le chemin de la philosophie, jusqu’à l’obtention de la chaire suprême au Collège de France. Consacrant sa vie aux études, il avait une capacité d’apprentissage à nulle autre pareille. Aujourd’hui, il est considéré comme un intellectuel de référence. Il faut lire ou relire Renan, et pourquoi pas commencer par cette excellente mais ardue biographie. Marc Gadmer
Ernest Renan, le géant oublié, Jean-Michel Djian, 200 p. – 17,95 €