Philippe Valode et Gérard Chauvy, éd. Nouveau Monde, 398 p. – 24, 90 €
Les noms des officiels nazis responsables de leurs crimes ont été énumérés, étudiés, racontés dans des récits peu ragoutants mais intéressants pour l’Histoire. L’un d’entre eux peu connu a échappé à l’examen : Karl Bömelburg (1885-1946). Il fut, dès 1940, avec le grade de Sturmbannführer-SS, le chef de la Gestapo en France. Il avait, comme l’on dit, le don de passer sous les radars. Ce qui explique ce relatif anonymat. En 1944, c’est lui qui conduisit le maréchal Pétain jusqu’à Sigmaringen. Sa vie n’avait jamais été étudiée. Gérard Chauvy et Philippe Valode ont comblé ce vide en écrivant la biographie de celui qui a mis en place une répression impitoyable et particulièrement perverse. Si la lecture de cet ouvrage est passionnante, elle laisse un dégoût dans la bouche. Réseaux, résistants tombèrent grâce à son action impitoyable avec l’aide notamment du milieu criminel. L’homme ne se contentait pas d’obéir aux ordres, il innovait ! Cet ouvrage est paradoxalement un hommage à la Résistance. Bertrand Galimard Flavigny