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Fatherland,

une histoire de famille

Nina Bunjevac, éd. Gallimard,
152 p. – 25 €

Le Canada a été un temps terre d’accueil pour les réfugiés Serbes. D’abord, pour les proches de ceux qui furent victimes des purges du régime de Tito inféodé à Moscou, puis des partisans communistes lorsque Tito s’éloigna de Staline. Cetains venant alors à poursuivre leur combat par d’autres moyens. Ces familles étaient déchirées par des idéologies contradictoires, écartelées par des actions répréhensibles. Les personnages féminins sont ici particulièrement mis en avant par Nina Bunjevac, elle-même impliquée par ce passé douloureux. Comme dans ses précédentes bandes dessinées, son œuvre est traversée par les thèmes de la violence, du traumatisme et de la mémoire. On découvre ainsi l’histoire personnelle de l’auteure et le portrait énigmatique de son père. Un terroriste, un idéaliste, une victime… à chacun de se faire son opinion. Le graphisme, tout en noir et blanc, relève presque du pointillisme avec ses traits fins qui s’entrecroisent pour donner plus de poids au récit.                                   Marc Gadmer