La Grande Guerre, celle de 14-18, a fait encore plus de ravages que les historiens ne le disent. On connaît certes, grâce à de nombreux témoignages, la souffrance et le martyre, le mot n’est pas trop fort de ceux que l’on a appelés, les Poilus. Odile Micheneau a puisé dans des souvenirs familiaux pour raconter cette souffrance. D’emblée son personnage annonce qu’il est mort et se raconte. Il se nomme Gustave. Il avait, au moment de ce récit, 63 ans, était marié, avait deux fils et des petits-enfants. Bref, il avait apparemment une vie équilibrée et quasi confortable. Et pourtant, il a choisi sa mort. Odile Micheneau met en scène chaque membre de cette famille jusqu’au moment du drame. Il en sort un portrait poignant qui laisse un goût amer, non dénué de tendresse. Bertrand Galimard Flavigny
Fatigue de guerre, Odile Micheneau, éd. Librinova, 152 p. – 17,90 €