Considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature politique, le chef-d’œuvre d’Arthur Koestler retrouve des couleurs à l’occasion du 120e anniversaire de la naissance de l’auteur. Dans la société communiste des années 50, le Zéro c’est l’individu et l’Infini, le Parti. Et le Parti ne se trompe jamais ! Comme des milliers d’autres, un vieil apparatchik – Roubachov – en fera les frais, en découvrant l’envers d’un décor qu’il avait lui-même contribué à mettre en place en s’appuyant sur le mensonge et la corruption, en se retrouvant confronté aux sbires de Staline. Un ouvrage que les Soviétiques avaient pensé avoir détruit mais qui fut révélé à l’Ouest grâce à la préservation d’une copie carbone. Au vu de l’actualité brûlante sur le front ukrainien, on se dit que rien n’a changé. Un roman qui fait froid dans le dos et qui trouve un écho dans les dérives totalitaires de l’actuel pouvoir russe. A redécouvrir absolument. Marc Gadmer
Le Zéro et l’Infini, Arthur Koestler, éd. Calmann-Lévy, 352 p., 22,90 €