Il faut prévenir le lecteur. Celui-ci ne saura jamais à laquelle des soixante-sept familles du sous-ordre des brachycères, de l’ordre des diptères, cette mouche appartient. Il perfectionnera par contre beaucoup son argot, à la couleur de l’hémoglobine. Ce n’est pas un roman policier noir, plutôt un roman rouge, sans enquête et sans policier. Nous sommes dans le monde des néo-ruraux, au cœur de la France éternelle, qui tuent leur temps, avant de s’entretuer, en organisant des parties plus ou moins fines. Mais p… (comme dirait l’autre), comme c’est enlevé ! C’est féroce, comme on peut l’être dans un couple qui part en vrille. Se lit d’une seule traite. Que devient la mouche et son verre d’eau au bout du conte ? Tout le monde s’en bat l’œil. François Cérésa, un grand journaliste, me pardonnera cette information. À la page 105, la « rondelle de blocage » de la lame d’un couteau Opinel s’appelle une virole. Foi de serial killer ! Si presque tous les héros n’étaient pas, hélas, morts dans l’aventure, je dirais que j’attends impatiemment la suite.
Jean-Pierre Rey
La Mouche qui se lavait les mains dans un verre d’eau, François Cérésa,
éd. Glyphe, 239 p. - 18 €