Sous les bombes, Gert Ledig, éditions Zulma, 214 p. – 8,95 € Unité de temps, de lieu et d’action… la règle de trois propre au théâtre classique est ici appliquée à un roman choral. L’action se passe en juillet 1944 en Allemagne. Dans une ville lambda, on suit les péripéties d’un aviateur américain qui préfère larguer ses bombes sur un cimetière, de la défense anti-aérienne qui ne sait plus à quel officier se vouer, de l’avancée des Russes, de la population qui trouve refuge aux abords du cimetière. Le rythme est haletant, les dialogues ciselés, l’intrigue programmée… et on se surprend à découvrir un sursaut d’humanité dans ces derniers soubresauts du régime nazi. Né en 1921 à Leipzig, Gert Ledig a combattu en France et en Russie. Ayant subi les bombardements américains à Munich en 44, il rend compte de la peur suscitée comme témoin plus qu’historien. Un bombardement qui dure une heure et neuf minutes est une éternité. Bien que classifié roman, Sous les bombes peut être assimilé à un reportage de guerre. Brillantissime. Marc Gadmer