Pour raconter l’histoire de sa grand-mère juive hongroise, l’autrice a choisi le terrain de la dérision. Marguerite Stzurmpf, c’est son nom, échappa à la déportation grâce aux petites contributions bien innocentes mais très concrètes des habitants de Mirabelle. Des gens a priori simples mais au grand cœur qui par leur comportement vont changer le cours d’un destin puis de deux, puis de trois… Car le nombre de réfugiés ne cesse d’augmenter avec le durcissement des lois raciales. Pour éviter tout pathos ou une énième version d’une histoire familiale douloureuse mais déjà lue, Véronique Mougin invente une communication avec sa grand-mère, révèle des pans cachés de son existence avec humour et dresse le portrait de ces personnalités qui vont du pasteur au maire, des voisins au fermier avec grâce et sincérité. Par son style, l’auteure renforce le côté innovant de son récit et nous transmet son histoire avec élégance et sobriété. Un roman que l’on referme avec gratitude. Marc Gadmer
À propos d’un village oublié, Véronique Mougin, éditions Flammarion, 194 p. – 20 €