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Les Maîtres du temps

Stéphanie Janicot, éditions Albin Michel, 304 p. – 20,90 €

Dans le « temps plié », cher à Cocteau, et plus encore dans cette temporalité quantique où la chronologie humaine n’existe pas, rien n’est tracé d’avance, et toutes les correspondances sont possibles.
Le livre commence à Paris en 2024, quand Sam est sur le point de commencer une thèse sur l’œuvre de Johan Stern. Se poursuit à Londres, en 1683, quand la jeune Nicola, déguisée en homme, va devenir « grouillot » dans le laboratoire du grand Isaac Newton. Quant au chapitre 3, il nous met en présence de Benjamin, brillant physicien, qui « pense que ce qui ne peut être mis en équation ne mérite pas qu’on s’y intéresse ».
Quel peut bien être le point commun entre tous ces personnages ? Quel peut être le lien qui finit par les réunir à Shangaï en 2267. C’est tout l’enjeu de ce livre envoûtant où l’écoulement du temps paraissant moins simple qu’il n’y paraît, n’est peut-être qu’une illusion… Un grand livre romanesque et une puissante réflexion sur le temps et la destinée des hommes, où s’entremêlent le temps du passage cher à Aristote, le temps absolu de Newton, l’espace-temps de la relativité d’Einstein, mais surtout le temps quantique, monde étrange où passé et futur se mélangent.
Gérard de Cortanze