Olivier Weber, éd. Calmann-Lévy, 537 p. – 23,90 €
«Arriba España ! », criaient les franquistes. « No pasaran ! », rétorquaient les républicains. L’Espagne de 1936 à 1939 fut le terreau de toutes les guerres du XXe et même du XXIe siècles. « La guerre civile est le règne du crime », citait déjà Corneille. Une prophétie à laquelle se prêteront les communistes en éliminant tous leurs opposants, socialistes, trotskistes, anarchistes, républicains mais très peu de fascistes. Juive allemande, photographe talentueuse, compagne entre autres de Robert Capa – qui s’attribuera bon nombre de ses clichés –, Gerda Taro est témoin de ces horreurs. Pour seule arme, son Rolleiflex. A travers son objectif, rien ne lui échappe. C’est elle qui sert de fil rouge à ce récit très bien documenté auquel s’adjoint un écrivain imaginaire. Ensemble, ils croisent Dos Passos, Koestler, Malraux, Hemingway… L’histoire d’une femme libre de son corps, de ses prises de vue, de ses engagements qui va vivre la fin du monde libre jusqu’à en mourir. Tuée par les communistes !
Marc Gadmer