Emmanuelle de Boysson, éditions Calmann-Lévy, 2024, 176 p. – 18 €
«Il était 17 h 20 lorsque mon cœur s’est arrêté. Je ne me suis aperçue de rien. Ça s’est passé comme si je m’endormais. C’était doux, presque un soulagement. » L'incipit donne le ton de ce roman sensible, intime et bien écrit, celui d’une reconstruction personnelle. L'héroïne, Emma, mène bataille pour revenir à la vie. La "survivaliste" tente de se souvenir des derniers instants avant l’infarctus. Peu à peu, réanimation et rééducation aidant, elle reprend goût à la vie. Emma essaie de se remémorer, aussi, où elle est partie quand tout le monde la pensait morte. Durant ces longs mois, elle explore ses sensations, Des images lui viennent, certaines d’une beauté à couper le souffle, d’autres plus inquiétantes questionnent la mort entre attirance et répulsion. Emma dit aussi, son amour de la vie, des petits riens qui font notre bonheur quotidien. Une plongée dans le présent autant que dans l’au-delà, qu’Emmanuelle de Boysson partage avec une sincérité bouleversante. Alfred Gilder