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Le Médaillé de Sainte-Hélène

Marc Gadmer, éditions Frison Roche Belles-Lettres,
171 p. – 19 €

Après deux romans historiques, « Les Adieux de Fontainebleau » et « Daïku », Marc Gadmer en signe un troisième, qui est également un plaisir de lecture. Il narre ce qui s'est passé après la décision prise par Napoléon III en 1857 de rendre hommage aux derniers vétérans de la Grande Armée, occasion de festivités données pour raffermir le régime en exploitant la ferveur populaire engendrée par le souvenir de son oncle Napoléon Ier.  D'où la création de la médaille dite de Sainte-Hélène, qui fut considérée par les détracteurs du régime comme une « médaille en chocolat ». Le héros est un aïeul de l'auteur, qui remonte l'Histoire et mêle le présent au passé en retraçant la vie du grognard qui était carabinier au 24e régiment d'infanterie légère. L'originalité du roman tient au fait que l'auteur dialogue constamment avec son ancêtre, un Normand nommé Pierre Roquigny :
« Roquigny, il faut que je te parle, glissai-je à son oreille. »  Cela rend le récit très vivant. L'autre intérêt du roman vient de l'évocation de la sanglante bataille d'Essling en 1809 aux portes de Vienne : elle fit 40 000 morts. Ce fut, dit l'auteur, « le prix de noces du sang » payé pour que Napoléon Ier épousât Marie-Louise d'Autriche.
Alfred Gilder