L’Afghanistan était connue pour son bouzkachi et ses joutes de cerfs-volants avec des combats aériens de toute beauté et des enjeux cruciaux. Aujourd’hui, ces disciplines étant interdites, c’est vers la poésie que la jeunesse se tourne. On peut l’apprendre par cœur et la réciter entre soi au nez et surtout à la barbe des mollahs. Un moyen de résistance à l’obscurantisme comme un autre. C’est ainsi qu’Elyas Alavi, Râmin Mazhar, Mostafâ Hazâra et bien d’autres se rient des talibans qui veulent les museler et pour les filles les faire taire à jamais. Ils nous rappellent Paul Eluard et son poème Liberté. Ils étaient présents à Paris au printemps dernier, au côté d’Ahmad Massoud, le fils du commandant assassiné. Ils ont déclamé certaines de leurs œuvres repris en français par les voix de l’immense comédienne Irène Jacob et de la grande reporter de guerre, Florence Aubenas. Un grand moment d’émotions. Marc Gadmer
L’Amour, l’exil, la liberté, collectif de poètes afghans traduits du persan par Belgheis Alavi, éd. Calmann-Lévy, 265 p. – 21,50 €