En Ukraine, la poésie est une arme. Elle ravive les mémoires et témoigne de la réalité. Celles des combattants tombés au champ d’honneur, celle d’une guerre qui n’en finit pas. Yarina Chornohuz est une combattante. Et une poète. Son recueil est d’une douloureuse beauté. Elle y parle de ses amis perdus. De son grand amour, Mykola, tombé dans le Donbass en 2019. Pour son pays, elle a tout d’abord revêtu l’uniforme des secouristes volontaires. Elle était présente à Marioupol, en 2022. Quand les villages tombaient les uns après les autres. Des cadavres par centaines. Aujourd’hui, elle pilote des drones. Elle a une fille. Il faut tenter de vivre. Mais la guerre n’est pas finie. Alors, Yarina écrit : « si nous restons en vie / je subirai avec moins de douleur / la lumière douloureuse du printemps / qui me blesse / elle qui rejaillit chaque fois à la fin de l’hiver / de l’hiver que / je ne peux oublier / dans ce pays où aucun hiver ne s’oublie. » Marc Gadmer
C’est ainsi que nous demeurons libres, Yarina Chornohuz, éd. Le Tripode, 128 p., 16 €