Après elle, Claudine Helft, Voix d’encre, 60 p. – 18 €
Ce onzième recueil de poèmes de Claudine Helft est, à mes yeux, le plus accompli de ce qu’a écrit, en poésie, l’autrice, depuis 1975. Son titre fait référence « au choc de la stupéfaction brûlante du 7 octobre 2023 », ce terrible pogrom qui a traumatisé le peuple d’Israël et déclenché l’enfer à Gaza. Le court avant-propos, déjà, est un magnifique poème en prose dans lequel Claudine Helft nous parle de « l’infini qui désespère le désert » ou de « l’entendement et la stupéfaction du ciel ». Cet ensemble de courts poèmes est un grand cri de révolte, « un cri hurlant (qui) n’est rien de plus que le hululement ridicule d’un hibou dans la nuit déserte ». Tout de rage contenue et d’amour pour l’autre, cet ouvrage orné par les puissantes peintures de Maria Desmée – elles s’inscrivent dans le meilleur de l’abstraction lyrique – m’a profondément touché. Jean Orizet