Noces de cendres, Clémentine Vidal-Naquet, éditions La Découverte, 288 p. – 20 €
Comme il est étrange ce voyage de noces entrepris au lendemain de la Première Guerre mondiale par le couple Berthe et Gérald. Ces deux-là s’aimaient. Ayant réchappé aux quatre années de tueries, Gérald propose à Berthe, lorsqu’ils se marient en 1919, la tournée des lieux où il a combattu ! Chose incroyable, l’exemple n’est pas unique. Très vite des maisons d’édition proposent des guides touristiques pour les amateurs de voyages de guerre. A haut risque, car tous les obus n’ont pas explosé et font encore des victimes que relatent les journaux. L’auteure avec une précision d’orfèvre décortique ce trajet en tentant d’en expliquer les raisons. Et elle y réussit brillamment. Elle aurait pu s’arrêter-là mais sa curiosité – et la nôtre – l’oblige à révéler la suite de l’histoire. Et elle est bien triste. Séduit par les sirènes du national-socialisme, Gérald s’engagera dans les Waffen-SS et combattra sur le front russe. L’ennemi d’hier était devenu pour lui synonyme d’espoir ! Quel gâchis ! Marc Gadmer