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1914-1918 La Guerre en mer, de la Loire au Pays basque

Roland Mornet, éditions La Geste,
2017, 250 p. – 4,95 €

Les terribles pertes du front terrestre en France pendant la Première Guerre mondiale ont longtemps occulté celles du Golfe de Gascogne. Le long de nos côtes, entre la Loire et la Bidassoa, des centaines de navires furent envoyés par le fond, paquebots, cargos, voiliers cap-horniers et chalutiers, des dizaines de milliers de marins et passagers périrent. Les routes maritimes devant nos ports y étaient « chemins de mort ».
Dans un livre remarquablement documenté, Roland Mornet, capitaine au long cours des Sables d’Olonne, rend justice aux oubliés et raconte cette tranche d’Histoire méconnue.
Si les attaques de sous-marins débutèrent à bord dès 1914 en mer du Nord et en Méditerranée, les Allemands avaient 24 sous-marins au début de la guerre, le danger s’approchait. Le Lusitania, coulé le 5 mai 1915 au sud de l’Irlande fut un grand choc. Ça n’est que le 7 septembre 1915 avec l’attaque du cargo anglais Caroni que nos côtes atlantiques devinrent infestées de sous-marins qui y sévirent impunément. « Les sous-marins étaient comme des loups dans un troupeau de moutons », déclara l’amiral von Tirpitz. A partir de 1916 s’ajoutèrent les mines mouillées par milliers. 1917 fut la plus terrible en pertes, annus horribilis. Il n’y eut que 195 rescapés des 665 hommes et femmes du Sequana coulé le 8 juin 1917 devant l’île d’Yeu. Quand le Kaiser décréta la guerre sous-marine sans restriction, les Allemands avaient 120 à 130 sous-marins opérationnels. C’est en 1918 qu’ils commencèrent à souffrir des progrès en acoustique et armes anti-sous-marines et de l’aéronautique navale, les tueurs de sous-marins. On n’en parla pas assez… et la leçon fut mal apprise.
Xavier Païtard