Jean-Jacques Marie, éd. Tallandier, 2023, 352 p. – 22,90 €
Historien spécialiste de
la Russie soviétique, auteur de biographies de Lénine, Trotski, Staline, Jean-Jacques Marie, dans
son dernier ouvrage, apporte un démenti à l’idée reçue selon laquelle Staline, par le pacte germano-soviétique, aurait cherché à gagner du temps, pour préparer son pays à la guerre. S’appuyant sur de nombreuses archives inédites, l’auteur démontre que, en réalité, Staline aurait, de 1933 à 1939, mené un double jeu avec les démocraties occidentales et l’Allemagne nazie. Le pacte de 1939 aura permis à Staline d’annexer la moitié de la Pologne, les Pays baltes, et même d’envisager le ralliement de l’U.R.S.S. au pacte tripartite des pays fascistes et la dissolution du Komintern. L’attaque allemande de juin 1941
mettra fin à cette « alliance ».
La « collaboration » semble reprendre en août-septembre 1944 à propos de la Pologne, lorsque, quand les résistants polonais, à bout de souffle, entament des négociations avec les autorités allemandes pour aboutir à une reddition honorable, l’Armée rouge restera curieusement passive…
Didier Béoutis