Danièle Laufer, éditions du Faubourg, 264 p. – 11 €
Après la diffusion par France Télévisions des trois procès phares des années 90, à savoir ceux de Barbie, Touvier et Papon, il est bon de s’arrêter à nouveau – encore et toujours – sur le drame de la Shoah. Enregistrés à la demande de Robert Badinter afin de servir l’Histoire, ces procès nous ont révélé toute la souffrance des rescapés des crimes contre l’Humanité. Comment vivre après ? Comment se reconstruire et arriver à transmettre l’amour à ses descendants ? Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a travaillé toute sa vie sur cette notion de résilience. Mais pour Danièle Laufer, fille de déportée, la question se pose aussi du transfert de cette souffrance sur les enfants. Car elle en a souffert. Cet ouvrage, réédition au format poche du livre paru en 2021, est une forme de thérapie. L’auteure donne la parole à une vingtaine de femmes et d’hommes pour que leurs témoignages servent à la collectivité. Lutter contre l’indifférence et faire preuve d’empathie. Comme au cours de ces procès. Marc Gadmer