« Docteur Cotard, un psy chez les Proust », Philippe de Boissoudy, éditions de L'Harmattan, 160 p. – 18,50 €
Longtemps, Marcel Proust s'est couché de bonne heure à la recherche d'un personnage pour incarner le médecin de famille de sa célèbre saga. Il retint alors celui de Jules Cotard, vieil ami de son père et de sa famille, ajoutant juste un T au nom afin que toute ressemblance, etc. Avait-il besoin d'un psy ? Tel n'est pas ici le propos. Ce que nous rappelle son auteur, Philippe de Boissoudy, ancien journaliste à « France Soir » et ancien membre des cabinets des ministres de la Justice et de la Défense, c'est que le vrai Dr Cotard était une personnalité altruiste et humaniste, disciple fervent d'Auguste Comte, grand philosophe français et sociologue, adepte du positivisme. Il nous révèle que ce psychiatre était surtout connu pour son travail sur « le délire des négations », que l'on nomme désormais le « syndrome de Cotard » ou syndrome des morts-vivants. La personne atteinte de cette maladie mentale pensant qu'elle est morte, d'où le nom. Un ouvrage passionnant et très instructif qui éclairera d'un jour nouveau un des personnages phare du roman proustien. En attendant la sortie de son nouvel opus, rappelons par ailleurs que Philippe de Boissoudy est également l'auteur du « Camp des Saras », un épisode peu connu de la Seconde Guerre mondiale.