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Notre conscience nous appartient

Bertrand Marie Flourez,
éditions Valeur Ajoutée, 2022,
196 p. – 18 €

Le risque d’externalisation de nos consciences est bien réel et cet essai en est l’alerte. En effet la dépendance aux machines et aux IA est en cours depuis des années. Tout d’abord une définition concrète et pratique de la conscience est posée. Cette définition ne renie en rien la polysémie du mot et les siècles de philosophie. Elle donne à voir la conscience comme la faculté relationnelle qui nous permet de développer notre intellect, le langage et nos connais–
sances. En effet, la conscience est première et ne relève pas du QI, ou du calcul. C’est pour cela qu’une IA même prodigieuse n’aura jamais de conscience, celle-ci étant consubstantielle au vivant.
L’analyse identifie ensuite les facteurs qui contraignent nos vies et comportements sociaux : l’idéologie marketing, le mimétisme social, la numérisation du monde et la connexion permanente de nos écrans. Les outils d’influence et de propagande sont identifiés avec leurs actions tant sur le plan personnel que politique, social et culturel. Soumission des consciences.
Pas de problème sans solution. Face à ce risque désormais avéré, la réponse est la conscience critique. Pour l’auteur, l’exercice de conscience critique est de reprendre la maitrise de nos mots, du sens réel puisque, notamment, la conscience permet l’éclosion du langage. « Pas d’esprit critique sans conscience critique. » C’est aussi pour cela que l’on croise, au fil des pages, à côté de Valéry, Anders, Ellul, Hugo, St–Exupéry, Rimbaud... un Apollinaire toujours rêvant