Brigitte Albert-Jacouty,
21 aquarelles de Bernard Soupre,
éditions du Palio, 120 p. – 22 €
«À la recherche du temps perdu serait-il né du bleu de Cabourg ? » se demande Brigitte Albert-Jacouty dans ce charmant ouvrage enrichi d’aquarelles très « proustiennes » (on pense à Bonnard, cité dans le livre). La réponse est : oui. Dans le Grand Hôtel de Cabourg devenu Balbec, Marcel Proust, à l’été 1907, reprend goût à la vie : « une hydrothérapie de l’âme » écrit l’autrice, bien que Marcel Proust ne mît guère les pieds dans l’eau. Mais après le bleu, « voilà, par le truchement de l’imaginaire des aubépines, que surgit une autre grande couleur de la palette proustienne : le rose, le rose de Balbec. Rose couleur du ciel, couleur du temps ; rose lumière… Rose de fleurs, rose de la vie, promesse de bonheur. » Puis vient le jaune dans la deuxième partie de « À l’ombre des jeunes filles en fleur ». Le triptyque bleu, rose, jaune, selon l’autrice, fonde la poésie proustienne. Elle nous le démontre d’une plume précise et délicate dans ce livre tout en finesse, riche de chatoiements, d’irisations et de métamorphoses.
Jean Orizet