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Julien Gracq, Nora, une passion surréaliste

Roger Aïm, préface d'Irène Frain, éditions Infinies, 2024, 119 p. – 12 €

Roger Aïm signe son vingt-cinquième ouvrage, dont ce quatrième sur Julien Gracq. C’est un fin connaisseur de celui
qu’il a appelé « le dernier des Classiques » et « l’écrivain de l’attente et de l’entre-deux ». Ce petit livre délicieux est fait de courts tableaux successifs. L’auteur alterne astucieusement certaines péripéties des deux héros du livre, avec un portrait délicat et tout en nuances du grand et seul amour de l’ermite de Saint-Florent-le-Vieil, amour caché, secret : Nora Mitrani, personne « quasi inconnue » précise Irène Frain, mais
si attachante. Juive bulgare réfugiée en France avant-guerre quand commen–
cèrent les persécutions nazies, tour à tour catholique, trotskiste et surréaliste. Ce fut l’une des rares femmes du groupe d’André Breton, dont elle fut l’amie, comme elle fut l’amante de
Hans Bellmer, avant sa rencontre passionnée avec l’auteur du « Rivage des Syrtes ». Nora mourut à 42 ans.
Alfred Gilder